Self portrait with palette.
Self portrait.
Ce qui m'a d'abord touché chez Frédéric Bazille?
Ce n'est pas son oeuvre, que je connaissais peu à cette époque. Mais c'est la générosité de ce jeune garçon qui se privait de tout, et même souvent de l'essentiel, pour aider un de ses amis,
peintre comme lui : Monet.
Par grandeur d'âme, par pitié, Frédéric Bazille sacrifiait parfois sa propre création, lésinant sur l'achat du matériel, pour subvenir aux besoins de cet ami parasite pleurnichard qui le
suppliait sans cesse et qui montrait un manque de pudeur très choquant.
De la vie tragique et grandiose de Frédéric Bazille, se dégageait ce parfum d'injustice que traînent parfois certaines destinées.
Alors que le même Monet, pour éviter le conflit de 1870, part pour Londres avec son épouse et ses enfants, rejoint d'ailleurs par Durand-Ruel et Pissaro, Frédéric Bazille veut défendre son pays.
Hélas! il y trouve une mort héroïque au champ d'honneur. Sa carrière sera interrompue et son oeuvre vouée à l'oubli. Du moins pour le "grand public".
Issu d'une riche famille, Frédéric Bazille a tout pour être heureux et mener une vie de plaisirs sans histoire. A cela il préfère aller traîner ses guêtres sur les routes de France à la recherche
de sensations picturales.
L'oeuvre de Frédéric Bazille est essentiellement basée sur l'ambiance lumineuse. Ses paysages sont le reflet d'une lumière sur la nature.
Cependant, il ne travaille pas à la manière de certains qui, tels des historiens, veulent saisir l'instant quel qu'il soit pour le traduire sur la toile. Le soleil ne peut qu'être symbole et son
reflet sur la nature doit être la traduction de l'état d'âme qu'il provoque. C'est cette symbiose entre l'observateur et l'observé, où non seulement la présence de ce dernier influence celui
qui regarde, mais le pénètre et le conquiert jusqu'à le transformer. Cette prise de possession de l'état d'âme n'est possible que si l'artiste, peintre, musicien ou poète sait choisir et
manier la matière qui influera sur le récipiendaire. On ne peut laisser cette tâche au hasard, ce serait trop improbable et sectoriel.
Frédéric Bazille a su comprendre ce rôle du créateur. Cela se voit dans ses tableaux qu'il y introduise ou non des personnages. Il a su développer en lui une sensibilité presque métaphysique qui
le rend vulnérable à tous les influx. Cette affectivité, on en a la preuve dans son attitude avec Monet qu'il dépanne en toutes circonstances, et parfois en se sacrifiant lui-même.
Dans ses huiles Frédéric Bazille accomode à la fois une représentation conventionnelle, classique et impressionniste. Ses personnages sont saisis dans l'élan de leurs mouvements, dans leur
intimité et les sentiments qu'expriment les visages sont en symbiose avec l'environnement.
Frédéric Bazille avait conservé cette innocence que l'on a vers les seize ans, cette pureté qui l'a fait prendre au jeu de la guerre. Certains belliqueux crient très fort et s'exilent au moment
des combats, expédient à leur place des Frédéric Bazille encore emplis de leur naïveté enfantine.
Christian
GERMAK.
Il fut un peintre de la veine de Sysley, Renoir,Cézanne et Monet. Il connut les heures difficiles du début de l'impressionnisme. Sa mort prématurée à l'âge de 29 ans victime de la guerre de 1870
ne lui permit pas de profiter de la gloire de son talent. Aujourd'hui méconnu, tous les signes le prédestinaient à un grand destin. Sa peinture est une peinture créative, sensible et
vivante.
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